Guide pratique · Alimentation

Que mange une chèvre ?

Une chèvre mange avant tout du foin, à volonté : un adulte ingère 2 à 3 kg de matière sèche par jour, complétés selon les besoins par du pâturage, un peu de céréales et une pierre à sel, avec de l’eau propre en permanence. Ruminant à quatre estomacs, elle est cueilleuse et non tondeuse : elle préfère ronces, feuillages et broussailles à l’herbe rase. Le vrai danger n’est pas la faim, mais les erreurs de ration et les plantes toxiques du jardin.


Quelle est la base de l’alimentation d’une chèvre ?

Le rumen d’une chèvre est une cuve de fermentation qui a besoin de fibres longues pour fonctionner. La base non négociable est donc le fourrage grossier : foin de prairie de bonne qualité, distribué à volonté dans un râtelier surélevé — jamais au sol, où il est souillé puis refusé. Une chèvre trie beaucoup : comptez 10 à 20 % de pertes en plus de la ration théorique.

En saison, le pâturage et le parcours (ronces, orties sèches, feuilles de noisetier ou de frêne) couvrent une grande partie des besoins. Cette aptitude à débroussailler explique le retour de la chèvre dans l’éco-pâturage — et le choix de races rustiques comme la chèvre du Rove, élevée en parcours provençal.

Les concentrés (orge, avoine, maïs, granulés caprins) ne sont qu’un complément : ils se justifient surtout en fin de gestation et en lactation. Une chèvre de compagnie qui ne produit pas de lait n’en a presque jamais besoin ; l’excès de céréales est l’une des premières causes d’acidose et d’engraissement.

Quelle quantité donner par jour ?

Les besoins varient du simple au triple entre une chèvre naine de compagnie et une laitière en pleine lactation. Les fourchettes ci-dessous sont des repères quotidiens pour un animal adulte en bonne santé.

Ration quotidienne indicative selon le profil de la chèvre
ProfilFoinConcentrésEau
Chèvre naine (15–25 kg)0,5 à 1 kg, à volonté0 à 100 g (friandise)2 à 4 L
Chèvre adulte à l’entretien (50–70 kg)2 à 3 kg, à volonté0 à 200 g4 à 8 L
Chèvre en fin de gestationÀ volonté200 à 400 g, augmentation progressive6 à 10 L
Laitière en lactation (type Alpine)À volonté (2,5–3,5 kg MS totale)400 à 800 g selon production8 à 12 L

Ajoutez en libre-service une pierre à sel enrichie en oligo-éléments, formulée pour caprins ou ovins-caprins : les blocs « bovins » enrichis en cuivre conviennent aux chèvres mais sont mortels pour les moutons — attention si les deux espèces cohabitent. L’eau doit être renouvelée chaque jour ; une laitière qui boit peu produit peu.


Quelles plantes sont toxiques pour les chèvres ?

L’idée que « la chèvre mange tout » est fausse et dangereuse : au pré elle évite d’instinct la plupart des plantes toxiques, mais l’ennui, la faim ou des végétaux coupés jetés par-dessus la clôture suffisent à provoquer un accident. Quelques feuilles de laurier-rose ou d’if peuvent tuer un adulte en quelques heures.

Réflexe à adopter : avant d’installer des chèvres, faites le tour du terrain et des haies, arrachez ou clôturez ces espèces, et interdisez aux voisins de « nourrir » les bêtes avec des déchets de taille. Les autres précautions d’installation (clôture, abri, surface) sont détaillées dans le guide élever des chèvres chez soi.

Friandises, restes de cuisine : que peut-on donner ?

Carotte, pomme coupée en morceaux, courgette, branches de ronce ou de noisetier fraîchement coupées : voilà les bonnes friandises, distribuées à la main et en petite quantité. Le pain doit rester exceptionnel et toujours sec. Sont à proscrire : tontes de gazon en tas, restes de plats cuisinés, chocolat, avocat, oignon en quantité et tout aliment moisi.

Toute transition alimentaire — mise à l’herbe au printemps, changement de foin, introduction de céréales — se fait sur une à deux semaines. Un rumen bousculé, c’est une diarrhée, une météorisation ou une entérotoxémie : la régularité alimentaire est le premier facteur d’une longue durée de vie.


Le geste qui évite 80 % des soucis : surélevez tout. Râtelier à foin à hauteur de poitrail, abreuvoir calé à 40–50 cm, seau de céréales jamais laissé en libre accès. Une chèvre qui mange propre et ne peut pas se gaver digère bien — et le sac de grain se range toujours derrière une porte fermée à clenche : une chèvre qui l’éventre peut mourir d’acidose dans la nuit.

Questions fréquentes sur l’alimentation de la chèvre

Peut-on donner du pain aux chèvres ?

En très petite quantité et sec uniquement. Le pain est riche en amidon : distribué en excès ou frais, il fermente dans le rumen et peut provoquer une acidose, parfois mortelle. Quelques croûtons secs par semaine restent une friandise acceptable, jamais une base de ration.

Peut-on donner les tontes de gazon aux chèvres ?

Non. L’herbe coupée entassée fermente en quelques heures et provoque météorisation et coliques. La chèvre peut brouter de l’herbe sur pied, mais ne doit jamais recevoir de tontes en tas, même fraîches du jour.

Une chèvre peut-elle manger des épluchures de légumes ?

Oui pour la plupart : carottes, courgettes, salades, fanes propres et non traitées, en complément et non en remplacement du foin. À exclure : pommes de terre verdies ou germées, oignons en quantité, épluchures moisies et tout reste de plat cuisiné. En cas de doute, le foin reste la seule valeur sûre — plus de repères dans notre guide tout sur la chèvre.

Bien nourrie, bien installée

Terrain, clôture, abri, budget et obligations légales : tout ce qu’il faut prévoir avant d’accueillir vos premières chèvres.

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